Julien Clerc nous fait découvrir une poétesse romantique : Marceline Desbordes-Valmore

Marceline Desbordes-Valmore
Marceline Desbordes-Valmore

On lui donna parfois pour surnom « Notre-Dame-Des-Pleurs » car sa sa vie fut une collection de drames.
Marceline est née à Douai (dans le Nord de la France) le 20 juin 1786.
Son père est un peintre d’armoiries, mais après la Révolution Française, ce dernier se retrouve ruiné. Pour tenter de redresser la situation financière de la famille, sa mère décida de partir avec sa fille pour la Guadeloupe, là même où un membre de sa famille avait fait fortune. Marceline l’accompagna mais voilà qu’à l’arrivée, la mère et la fille découvrent que leur hôte a été tué à la suite d’une révolte d’esclaves. Comble de malheur, sa mère contracta la fièvre jaune qui faisait rage et décéda. Marceline dû retourner seule à Douai, elle n’a que seize ans.

Pour subvenir à ses besoins, elle devint comédienne et cantatrice. Elle joua a Rouen puis monta à Paris, sur la scène de l’Odéon, ensuite à l’Opéra Comiqueen 1808 et cette même année elle tombe folle amoureuse d’Henri de Latouche. Mais il romput leur relation après une année. De cette liaison, un enfant naquit mais ce dernier décéda à l’âge de 5 ans. Marceline fut désespérée de ces deux pertes. Pour survivre, Marceline continua à jouer au théâtre de l’Odéon en 1813, puis en 1815, elle fut engagée dans le rôle de Rosine du Barbier de Séville au théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Elle rencontra alors l’acteur Prosper Lanchantin, dit Valmore, qu’elle se résolut à épouser en 1817. Henri de Latouche réapparut dans sa vie après ce mariage. Certains disent qu’ils furent à nouveau amants, d’autres que ce fut une relation strictement platonique. Il n’en reste pas moins qu’elle l’aima pendant 30 ans et qu’ils eurent une très longue correspondance. Par ailleurs, Henri de Latouche pourra ainsi se targuer de lui avoir prodigué de très bons conseils littéraires. Marceline ne révélera jamais officiellement son amour. Son mari, pas dupe mais très amoureux d’elle, la laissa publier des poèmes d’amour dont il savait pertinemment qu’il n’était pas l’objet. A noter quand même que pour ne pas citer le prénom Henri dans ses poèmes, Marceline avait la délicatesse de nommer son héros « Olivier ».

En 1821 puis en 1824, elle est engagée au Grand Théâtre de Lyon, mais malheureusement le théâtre fera faillite, mettant un terme au contrat.
Marceline donna naissance à un garçon, Hippolyte, et à trois filles – Junie, Inès et Hyacinthe, dite Ondine (certains auteurs prétendent que cette fille aurait été le fruit d’une nuit d’amour avec Henri de Latouche). Son rôle de mère fut douloureux puisqu’elle dut enterrer ses trois filles. Devant tant d’infortune, il fallait y ajouter les tumultes historiques de l’époque, avec les journées révolutionnaires (1834) et aussi l’épidémie de choléra (1837). En 1851, Henri de Latouche, l’amour de sa vie, décède. Marceline qui souffre d’un cancer depuis déjà une année, le rejoindra huit ans plus tard. Seul son mari lui survécut.
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La Vie amoureuse/douloureuse par Lucien Descaves
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Sa vie, son secret
par Jacques Boulanger

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Marceline Desbordes-Valmore
par Stefan Zweig
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Seule au rendez-vous
par Anne Plantagenet

Son œuvre

Du point de vue professionnel, au milieu des années 1820, Marceline renoncera définitivement aux planches, pour consacrer son temps à l’écriture de poèmes et de contes. Les thèmes qu’elle choisit sont ceux des romantiques, elle chante l’amour pour les enfants, les pauvres, les personnes handicapées, les prisonniers, etc. Bref, les êtres fragiles. Elle écrit également sur son amour, sur la maternité (notamment sur sa fille Ondine, sur le deuil périnatal, sur la mort de son fils), sur l’absence et la mort.

Ses œuvres furent admirées par sa contemporaine George Sand, par les poètes de son époque, tels que Rimbaud, Verlaine, Baudelaire, Mallarmé, ainsi que les auteurs qu’étaient de Lamartine, Alfred de Vigny. Marceline eut la joie d’être l’amie des frères ennemis Victor Hugo et Sainte-Beuve. (Ce dernier eut l’audace de séduire l’épouse du premier).
En cliquant ici, vous trouverez un grand nombre des poèmes de Marceline.
Voici les titres de ses recueils :
1819, Élégies et romances (recueil)
1825 Élégies et poésies nouvelles recueil)
1830 Poésies inédites.
1833 Les Pleurs, L’Atelier d’un peintre, scènes de la vie privée (récit autobiographique)
1839 Pauvres fleurs
1840 Contes en prose pour les enfants
1842 Contes en vers pour les enfants.Choix de Poésies
1843 Bouquets et prières,.
1855 Jeunes Têtes et Jeunes Cœurs
1860 un recueil posthume de ses Poésies est publié en par Auguste Lacaussade. On y retrouve « Les séparés ».

Contes
Contes

poésie
Poésie

Ses biographies

Vous vous doutez bien qu’avec une vie frôlant le mélodrame, cette femme inspira de nombreux auteurs qui firent d’elle une héroïne romantique. Sa vie est relatée de manière différente en fonction des auteurs…
1910 «La Vie amoureuse» et «La Vie douloureuse de Marceline Desbordes-Valmore» par Lucien Descaves.
1926 «Marceline Desbordes-Valmore. Sa Vie Son Secret » par Jacques Boulanger.
1945 «Marceline Desbordes-Valmore» par Stefan Zweig.
2005 « Seule au rendez-vous » d’Anne Plantagenet.

Quel est le lien avec Julien Clerc ?

Un jour Bertrand de Labbey l’agent de Julien, lui fait découvrir le poème « Les séparés ». Julien tombe sous le charme et composera une mélodie et l’interprétera dans l’album intitulé « Julien » qui sort en 1997.
A noter que dans la version enregistrée dans le CD « Julien », le texte est erroné. Julien Clerc chante: « n’écris pas ces deux mots que je n’ose plus lire« . Le petit livret accompagnant le CD reproduira également la même erreur. Julien se rendit compte qu’il s’agissait bien de douceurs et non de chiffres, et se corrigea lors de sa tournée pour chanter: « N’écris pas ces doux mots que je n’ose plus lire  » comme l’auteur l’avait initialement écrit.

Julien remporte avec cette chanson, en 2003, le Prix Rolf Marbot décerné par la Sacem.

Isabelle Boulay et Julien Clerc

Dans l’album « Du temps pour toi » Isabelle Boulay a chanté ce titre en duo avec Julien Clerc.

Ce titre a été interprété sur scène et lors d’un passage à la télévision.

(Isabelle Boulay a également interprété le texte « Juste l’étoile » de Maxime Le Forestier, ainsi que « Reviens, reviens, reviens» de Jean-Loup Dabadie).

Du Temps Pour Toi
Du temps pour toi