Maxime Le Forestier chanteur engagé au coeur tendre

Enfance

Bruno, que nous connaissons mieux sous le prénom de Maxime, est né le 10 février 1949, de père anglais et de mère française qui a vécu en Grande-Bretagne et dont le métier était traductrice. Elle est aussi musicienne et donne à ses trois enfants le goût de la musique. Là il y a bien un point commun entre Maxime et Julien (qui s’appelle en fait Paul-Alain), qui a appris la musique classique par le biais de sa belle-mère. Alors que Julien apprend le piano, Maxime, dès 5 ans apprend le violon.

Adolescence

Elevé dans un collège privé, Bruno suit dès la 5e une partie de ses cours au lycée Condorcet et s’oriente vers des études littéraires. Malheureusement, il sera mis à la porte du lycée dès la fin de son année de 1re. Toutefois, sa vocation est née : la chanson a déjà pris une place importante dans sa vie grâce à sa découverte dès 14 ans de la guitare et de Brassens, le même grand Brassens que Julien lui-même découvrira au même moment ou presque, grâce à sa mère dont il dira beaucoup plus tard dans un de ses spectacles « qu’elle était sa fan n°1 du monde ».
A 14 ans, Bruno abandonne alors le violon pour la guitare et c’est en autodidacte complet qu’il déchiffre les 4 partitions qu’on vient de lui vendre, parmi lesquelles 3 titres de Brassens : « Les trompettes de la renommée« , « le Gorille » et «  la chasse aux papillons« . L’ adolescent mal dans sa peau qu’il est alors et qui, comme Julien, vit douloureusement le divorce de ses parents, ne saurait rester insensible aux mots de « l’anarchiste tranquille » qui réfute en bloc l’autorité, l’intolérance, les curés, l’armée et tout ce qui peut ressembler à l’ordre établi.

Les débuts

Lui et sa sœur commencent à chanter aux puces de Saint-Ouen et créent un duo : Cat et Maxime qui se constitue son répertoire d’œuvres de Ferré et Bernard Dimey entre autres, puis de Moustaki qui, devient leur ami et qu’ils sortent d’une certaine façon de sa retraite prématurée. (Il n’a pas encore écrit « le Métèque »).

En 1965 sort le 1er super- 45 tours (4 titres) du duo, suivi d’un deuxième dès l’année suivante, qui resteront cependant tous deux confidentiels.

C’est en 1968 que pour la 1re fois, il « donne » une de ses chansons, et ce sera à Serge Reggiani.

Le duo avec sa sour prend fin en 1969, année où Maxime fait son service militaire chez les parachutistes et en même temps sort son 1er 45 tours solo.

Les années 70 sont prolifiques :il sort plusieurs 45 tours qui comprennent ce qui deviendra des « incontournables » comme « Mon frère », « Education sentimentale », « San Francisco ».

1972 verra Maxime faire un grand pas avec un 1er album jouant sur le double registre de la chanson engagée et sentimentale, comprenant « Parachutiste », que Joan Baez reprendra lors de la Fête de l’Humanité en 71 et dont il vendra 1 million et demi d’exemplaires. Mais l’apothéose aura lieu à la fin de cette même année puisqu’il rejoint son idole de toujours Brassens dont il assure la 1re partie à Bobino : c’est la reconnaissance.

En 74, il aura déjà vendu 600 000 albums.

Engagements

Si Julien a avoué lui-même avoir traversé mai 68 et ses conséquences sans grande conscience politique, uniquement concentré sur sa carrière et n’a perçu les messages engagés des paroles d’Etienne Roda-Gil que beaucoup plus tard, avec « Utile » par exemple, Maxime, lui, s’engage en participant notamment en 74 à un concert de soutien aux prisonniers politiques chiliens. En 1976, Maxime Le Forestier, Colette Magny et Mara enregistrent avec une partie des subsides recueillis lors du concert deux ans auparavant, un album « Pour le Chili » dont les sommes réunies avaient été versées au bénéfice des prisonniers politiques chiliens.

En 75, il connaît les joies du succès sur scène au palais des Congrès qu’il remplira durant 3 semaines. Entre fin 72 et le printemps 76, il donne 200 galas par an ! Les tournées lointaines s’enchaînent (Japon, URSS.) et en 79 il réalise un autre rêve en sortant un 30 cm enregistré en public : « Le Forestier chante Brassens« . Après le Chili, il donne deux concerts au profit de l’association « Partage avec les enfants du Tiers-Monde ».

Pour son 6e album, toujours en 80, il rencontrera et travaillera avec celui que Julien choisira lui aussi et fera entrer dans son équipe de musiciens privilégiée : Jean Schultheis. Il donnant en compagnie ht,

Changements de look

Victime de l’image, jeune barbu aux idées humanistes, vers le milieu des années 70 jusqu’en 1987, il vivra le creux de la vague de sa carrière : ses titres ne rencontrent plus autant le succès auprès du public.

En 1988, toujours aussi impliqué dans les problèmes du monde, il revient avec « Né quelque part« , une chanson en faveur du droit à la différence. Celle-ci le fait renouer avec le succès et devient un « classique » de son répertoire, de même que « Ambalaba » l’année suivante.

Par ailleurs, depuis 1993, il est l’un des parrains de Sol En Si Solidarité enfants Sida, constitué de nombreux artistes, tels que Francis Cabrel, Michel Jonasz, Catherine Lara, Maurane, Alain Souchon et Zazie.

Et depuis…

Depuis, Maxime, tout en restant un artiste aussi discret que Julien en dehors de son métier, n’a pas quitté le devant de la scène, sortant encore un tube en 96 avec « Passer ma route« .

Fidèle à son style et à son modèle de toujours, il sort en 97 un album d’inédits de Brassens intitulé  » Douze nouvelles » et entreprend une tournée mondiale qui durera 2 ans avec un répertoire (84 chansons numérotées dans un cahier) uniquement constitué de chansons du chanteur de Sète, ce qui lui vaudra quelques petites moqueries amicales de la part de Julien dans son spectacle « Entre Nous« , où lui ne se hasardera qu’à chanter « J’ai rendez-vous avec vous », du même Brassens. En 2005, entreprend une tournée Nationale « Maxime Le Forestier chante Brassens : Deuxième cahier ».

Julien et Maxime

Ils s’étaient souvent croisés chez leur agent commun, Bertrand de Labbey.
Julien invite Maxime à La Métairie (la propriété de Julien dans l’Yonne) Maxime dit « on faisait des trucs ensemble,on montait à cheval ensemble, on bouffait ensemble, mais on n’écrivait pas ensemble ».

Julien est alors à une période charnière de son évolution : il souhaite un élargissement de son cercle de travail avec l’entrée de Maxime dans son univers. Vers 1976, Maxime écrit sa 1re chanson avec Julien  « A mon âge et à l’heure qu’il est« , puis suivra « Amis« , « J’aime ton corps« , puis en 1978 « J’ai eu 30 ans« , écrit pour l’anniversaire de Julien, sans oublier « Quitter l’enfance« , en 1992, chanson, à tort méconnue par le grand public, qui figure sur les inédits de Julien.

Maxime et Julien dans l’émission N°1 de Maritie et Gilbert Carpentier en 1975.

Maxime a fait partie des choeurs sur les chansons « le Phare des Vagabondes« .

En 2003, Maxime participe également à l’adaptation de textes pour l’album « Studio » dans lequel il a adapté six textes sur treize. (voir la liste en bas de page)

  • Une fille d’enfer (« Witchcraft »)
  • Laisse faire la musique et danse (« Let’s face the music and dance »)
  • Tu viens dans ma tête (« You go to my head »)
  • Avant qu’on aille au fond des choses (« It will have to do until the real thing comes along »)
  • Obsession (« The very thought of you »)
  • Pour te plaire (« That’s all »)

Leur collaboration artistique, portée par une solide amitié, n’a cessé depuis lors, Julien avouant lors de l’un de ses spectacles qu’ils sont très proches et qu’ils s’aiment « comme des frères ».

Spectacles

Il est amusant de les voir « se renvoyer la balle » durant leurs spectacles respectifs, avec le public pour complice, Maxime aimant à présenter « J‘ai eu 30 ans » qu’il a mis à son propre répertoire, en disant qu’il l’a écrite « il y a une éternité, pour les 30 ans de Julien Clerc », tandis que Julien se moque gentiment de Maxime en disant « qu’il a été prêcher l’évangile selon Saint Georges à des gens qui ne lui avaient rien demandé » et « qu’il n’y avait pas une contrée reculée sur cette planète qui n’avait pas reçu sa visite », tout en s’excusant de ses moqueries d’un  « C’est lui qui a commencé ».

Maxime Le Forestier et Julien Clerc dans un show télévisé de TF1
Comme ici en 2003, Julien et Maxime se retrouvent régulièrement lors des spectacles des « Enfoirés », au cours desquels ils chantent souvent en duo. Ils entretiennent leur complicité aussi bien à la ville qu’en scène.

2005

Julien Clerc passe pour la première fois une « commande » et lui demande de lui écrire un texte qui parle du divorce et de la famille recomposée. Maxime revient avec « Double enfance », une chanson vu du regard d’un enfant, celui que Julien a été quand il a été enfant, et qui faire écho au divorce d’avec Virginie, clin d’œil donc à ses propres enfants.

Double enfance
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Maxime lui écrira également « Ma sirène« .

2008

En 2008, Julien sort son nouvel album « Où s’en vont les avions ».
Julien Clerc chante une ballade « Restons amants« , ainsi que « Le juge et la blonde » deux titres que son auteur Maxime Le Forestier chante également sur son dernier disque : « Restons amants ». Maxime lui offre également le texte: »Dormez« .

Où s’en vont les avions
Où s’en vont les avions

2011

En 2011, Julien lui passe une nouvelle « commande « : cette fois il lui demande de « plancher » sur sa paternité tardive (naissance de son fils Léonard).
Maxime revient avec les paroles « Fou, Peut-être »

2017

En 2017, pour l’album « A nos Amours » Maxime Le Forestier a écrit les paroles de « Ma colère ».

>� nos amours
À nos amours

2019

En 2019, dans son nouvel album intitulé « Duos », Maxime Le Forestier interprète en duo avec Julien Clerc « Double enfance”. (Titre éponyme de l’album, sorti en 2005)
Cette chanson fut interprétée également par Julien et Maxime au Théâtre du Châtelet (diffusé sur France 3, le 29/11/2019)

DUOS - 2019
Duo

Récapitulatif

Les textes qu’il a écrits pour Julien :

Petits souvenirs de Nicole

Je me souviens d’un soir – dans la banlieue de Bruxelles – à Woluwé. L’endroit s’appelait « La ferme V » et nous sortions là pour écouter de la musique. Maxime est venu chanter avec sa soeur Catherine. La scène était préparée pour eux, mais quand il est arrivé, il a dit qu’il ne désirait pas chanter sur la scène, mais parmi le public. Il s’est alors assis par terre au milieu du public et nous avons eu droit à un concert exceptionnel que je n’ai jamais oublié. C’est quelqu’un de très simple et je crois qu’il l’est resté. En plus il a un de ces regards !!! J’ai aussi eu l’occasion de le voir lors de concerts de Julien à Forest National où ils ont chanté en duo « J’ai eu trente ans » et « Amis ». Grandiose !