Maurice Vallet, ami de toujours et auteur de nombreux titres pour Julien Clerc

Maurice Vallet
Maurice Vallet (1970’s)

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Maurice Vallet (2000)

En 1964, au lycée Lakanal, Maurice Vallet rencontre Julien Clerc.

En mai 1969, au milieu des événements que l’on sait, sort le 1er 45 tours d’un jeune chanteur prometteur. C’est le début d’une grande et belle aventure qui, pour notre plus grand plaisir, dure encore aujourd’hui.

La charge de cette « Cavalerie« , que les jeunes de l’époque adopteront pour « abolir l’ennui », était menée par une troïka, un « trio infernal », une équipe de choc: Julien, le « pirate adolescent », beau et craquant, mélodiste redoutable; Roda, l’ébouriffé, le révolté, le caravanier, le guide poétique et baroque ; et Momo Vallet ou Mau-Mau, comme aimait à l’appeler Etienne, bien qu’il n’ait rien de terribles guerriers kenyans.(voir note en bas), le myope au cœur tendre, l’introverti, le poète discret au sourire fragile. Ce Maurice qui va être et est encore l’ami de la première heure, le confident.

A ce propos, admirons la déclaration d’amitié que fait Maurice à Julien en préface de « Julien Clerc, ma préférence, 227 chansons » : « Nous nous connaissons depuis près de quarante ans et notre relation d’amitié est infiniment plus forte que professionnelle… .Julien, mon ami, mon pote, je te respecte, et quoi qu’il arrive je serai toujours là…tendrement je t’embrasse et merci pour tout ce que nous avons vécu ensemble… »

Momo et Paul-Alain

C’est vers l’automne 1964 que Paul-Alain, en classe de philo du lycée Lakanal, fait la connaissance de Momo, qui, dans son souvenir était « tout à fait diabolique en classe et chahutait, mais sans trop se montrer ». Maurice était un élève brillant en lettres avec un énorme talent de conteur et une passion : le théâtre. Ils ont à peu près le même âge, Momo a un an de plus que Paul-Alain. Sans le savoir, les deux futurs amis vivaient depuis une quinzaine d’années à cinq cent mètres l’un de l’autre, Momo étant même le fils d’un tapissier, que le père de Julien avait employé ! A priori,tout les séparait, à commencer par leurs milieux: Paul-Alain, pur produit de la bourgeoisie aisée, Maurice fils d’artisan. Très tôt, Momo « se frotte » aux réalités de la rue, loin du cocon familial où évolue Paul-Alain, et déjà il se réfugie dans la poésie, sensible à Cendrars, Verlaine, Rimbaud. Et tandis que l’enfance de Paul-Alain balance entre Bourg-La-Reine la bourgeoise, chez son père et le Paris gouailleur, chez sa mère, à jamais en équilibre entre 2 mondes, Maurice est l’enfant tardif d’un couple soudé qui vivra un demi-siècle de mariage. Né 10 ans après son frère, il sera l’enfant inattendu, couvé par des parents tout à sa dévotion.

Avant d’entrer à Lakanal, il a déjà connu presque toutes les institutions religieuses de la banlieue Sud que ses parents, catholiques fervents, pensent être le meilleur gage d’une parfaite éducation. Et c’est là qu’ils se trompent, car au lieu de se couler dans le moule prévu, Maurice sortira de son adolescence, rebelle, insoumis, avec un besoin vital d’indépendance intellectuelle.

Paul-Alain et Maurice Vallet vont tisser leur amitié sur le chemin du lycée. Les trajets sur la mobylette de Julien, Momo à l’arrière, vont contribuer à développer une complicité qui ira grandissant. Ils se trouvent des goûts communs sur le plan musical : le jazz et les Beatles. Momo veut partager sa passion du théâtre en invitant Julien à participer aux répétitions de la Compagnie de la Roule, avec laquelle il travaille de petites pièces baroques. Cependant, Paul-Alain abandonnera au bout de quelques temps, trouvant trop dur de répéter sans cesse et de très peu jouer !

Une fois leurs baccalauréats en poche, les deux amis, après une année où ils s’engagent dans des voies différentes sans se perdre de vue, vont s’inscrire tous les deux, en septembre 1966, à la faculté de droit. Julien commence à composer des mélodies et demande des textes à Momo, qui ne se fait pas prier, puisqu’il a déjà noirci des pages et des pages de poèmes… plus ou moins hermétiques. Cette période d’intense création de chansons a lieu dans une ambiance extraordinaire, encore augmentée par la passion amoureuse de Julien pour Marie-Françoise Aimé, dite Zaz. Mais les deux complices se rendent bien compte que ce qu’ils « pondent » est trop conventionnel et donc sans avenir.

Les trois mousquetaires

C’est alors qu’a lieu la fameuse rencontre, à l’Ecritoire, avec Étienne Roda-Gil.
Le trio est ainsi formé ! La relation à trois va s’installer tant bien que mal. Julien va rester proche affectivement de Maurice, qui reste le confident, l’ami, le complice. Etienne devient le grand frère, le guide admiré, « l’accoucheur d’idées ».

En mars 1967, Maurice Vallet tombe malade. Tuberculeux, il part en convalescence huit mois près de Biarritz. En été, il reçoit la visite de Julien. Momo entend là-bas pour la première fois les esquisses de « La Cavalerie », de « Jivaro-song » et de « Yann et les dauphins ». C’est un choc pour lui, car ces ébauches témoignent de quelque chose de vraiment nouveau.

En rentrant à Paris, Momo a considérablement évolué dans son style. Les textes qu’il écrit alors deviennent les compléments intimistes aux envolées baroques de Roda. Et c’est la création de « Julien », qui figurera en mai 1968 sur ce premier 45 tours.

Par la suite, cette proportion des textes : ¼ Momo, ¾ Roda sera souvent respectée. Maurice est moins prolifique et plus discret qu’Étienne, mais il essaimera chaque album d’un ou deux titres toujours très personnels.

En 1968 le fameux « Ivanovitch », inspiré d’une prose de Blaise Cendrars dont le nom Kolia Nicolaï Ivanovitch apparaît. Le succès d' »Ivanovitch » est une vraie surprise pour le trio.

En 1975, exceptionnellement Maurice Vallet signera la moitié des titres de l’album « N° 7 ». En 1980, il surprendra tout le monde avec un succès sur lequel nous allions tous danser: « Jungle Queen ». Enfin en 1992, il offrira à Julien l’absolu joyau qu’est « Nouveau Big Bang ».

Au total une trentaine de chansons (voir liste ci-dessous) en trente ans, pas forcément toutes connues, mais aussi profondes que durables, et surtout sensibles et poétiques, des sortes de petits miroirs intimes de son « frère » Julien.

Les titres composés pour Julien

Il a également écrit pour

  • Christophe: « Les Jours où rien ne va » (1973)
  • Gérard Palaprat « Les orgues de Berlin », « Le Jardinier du fond des mers » (1970)
  • Nicoletta « Jesahel » (1972)
  • Emmanuel Booz « Tout est très bien comme çà » (1972)
  • Christine Lebail « Les voies perdues » (1972)
  • Dick Rivers
  • Jean-François Roulot
  • Joël Barret. « Quand tu te lèves nue » et « Rester rebelle » (2003)

Maurice Vallet obtient le prix René Jeanne par la Sacem.

Maurice Vallet décède 29 mai 2017, et son enterrement eut lieu le mardi 13 juin au crématorium du Père Lachaise.

Volume 1
Julien Clerc Volume 1 de 1968 à 1978

Julien Clerc Platinium Collection
Julien Clerc Platinium Collection

Ma préférence
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